Depuis tout petit, je suis passionné par l’astronomie. Il y a bien longtemps, je voulais même travailler dans les satellites, c’est en partie pour ça que j’ai étudié l’informatique industrielle/embarquée, en espérant travailler sur les appareils photos des satellites. Le temps en a décidé autrement.
Je me souviens de la première fois où j’ai entendu parler des éclipses de soleil, c’était en regardant «Tintin et le temple du soleil » en dessin animé (la version de Belvision), j’avais 6 ans. Je trouvais cela
fascinant. Ensuite, j’ai approfondi pas mal de choses sur l’astronomie et les éclipses grâce aux fiches « Tintin » des éditions Atlas.
En 1999, alors que j’étais encore ado, et que j’attendais l’éclipse avec impatience, il s’est trouvé que j’étais en colonie de vacances dans les Alpes, bien loin de l’éclipse totale, qui était visible à seulement 89% dans cette région…
Le temps a passé et je n’avais toujours pas eu l’occasion de voire une éclipse totale de soleil. Mes conditions financières se sont nettement détériorées ces dernières années et je ne voyage plus très loin… Mais voilà qu’en juillet 2026, une éclipse totale, accessible en train ou en voiture se profile en Espagne. Je propose à un ami d’y aller et nous partons, en voiture, pour être plus mobiles et avoir le choix du spot. Nous choisissons de dormir à Pampelune, ce qui me permet aussi de prendre quelques photos sympa.
Le matin du 12 août, nous voilà partis à la recherche d’un spot parfait… mais il y a un souci : il y a plusieurs paramètres incompatibles entre eux à prendre en compte… Il fait 39°, on est en voiture non climatisée et je supporte très mal la chaleur donc il nous faut choisir une destination sans trop de route. Deuxièmement, il faut un endroit où l’éclipse totale sera visible un minimum de temps, qu’il n’y ait pas trop de monde pour poser son matériel, que la météo
n’annonce pas de nuages et, si possible, que le paysage soit beau.
Ma première idée était d’aller à Tafala, Loïc aurait aimé aller dans le désert des Bardenas, mais dans le premier cas, on a que quelques petites secondes d’obscurité, dans le deuxième cas, on des temperatures prévues de 42°, des routes fermées, des incendies, et un monde fou prévu sur place.
On se décide finalement pour Estalla Lizara, c’est à moins d’une heure de route, mais l’éclipse ne sera visible que trente secondes… Arrivé sur place, Loïc me propose d’aller un peu plus loin, à Villemajor de Monjardin, le lieu a l’air sympa, mais je me pose une question : si on est bloqué sur la route et qu’on ne peut pas y aller, finalement on verra l’éclipse depuis la voiture, perspective pas
terrible… Surtout qu’on reçoit un message « Alerte de protection civile » qui nous dit qu’il faut ne prendre que les routes autorisées (et les 3 téléphones qui font un boucan d’enfer d’un coup nous font bien sursauter). Je l’accompagne malgré mon inquiétude.
Nous parvenons à bon port mais nous ne sommes pas au bout de nos peines. Arrivés sur place, nous devons grimper presque 2km sous 39°. Nous passons la demi-heure précédant le début de l’éclipse à tenter de nous refroidir à l’ombre. Je me rends compte qu’il y a beaucoup de monde : quasiment 400 personnes regroupées au niveau des ruines d’un château. Je tente les premières photos avec le ND 1million (un filtre qui divise la lumière par un million) Il se trouve qu’il est méchamment trop puissant, pour avoir le soleil il faut que je monte sérieusement la sensibilité, (et dire qu’il a été acheté pour ne pas griller le capteur de nos appareils…) Je sors donc mon bon vieux ND4000, monté sur un
ancien Olympus 75-150 f/4 fermé à F/16 ou F/22 et ça va beaucoup mieux. Bon, ça reste compliqué d’avoir un beau paysage, le soleil est beaucoup plus lumineux que tout le reste. Mais 150mm, le soleil reste tout petit dans le champ. J’avais aussi un Sony Nex 5 avec un fisheye (Brightin star 10mm f/5.6) pour les photos plus générales. J’ai aussi tenté avec un Pinhole mais le résultat est très moyen.
Au moment de l’éclipse totale, j’avais beau être prêt niveau matériel, j’ai shooté tout en regardant l’éclipse car je voulais aussi profiter du spectacle. Je dois dire que je suis un peu déçu de mes photos qui ne sont pas extraordinaires (et déçu de moi par conséquent). L’ambiance sur place, dans une pénombre que l’on ne connait que dans ces conditions-là, sont très mal reproduites en photo (j’ai aussi voulu faire une photo par téléphone).
A la fin de ces 53 secondes, on voit rapidement un tout petit bout du soleil apparaitre, puis un tout petit croissant, impressionnant et éblouissant, et on se rend compte très vite qu’il faut remettre filtre et
lunettes si on ne veut pas devenir aveugle.
L’éclipse s’est terminée au moment du coucher du soleil, et c’est aussi un moment impressionnant, et ici même en photo, quand on voit ce croissant de soleil rouge passer derrière un nuage puis disparaître
derrière la montagne.
Je comprends quand Sylviane de la chaine Sylabus nous dit que c’est quelque chose à vivre au moins une fois dans sa vie.
Bref, c’était une super experience et un super spot que l’on a decouvert, et j’espère retourner dans cette région pour faire de la photo de paysages, quand mon budget le permettra. Mais pour retourner en espagne, j’irai toutefois à une autre saison car il va me falloir plusieurs jours avant d’être de nouveau opérationnel et me remettre de la chaleur accumulée pendant 3 jours.














































les photos du voyage en Espagne







