Les aventures d’un aspiboy – La formation de trop

Les aventures d’un aspiboy – la formations des jeunes militaires :

Alors que je voulais vous écrire un article plus général sur la mémoire des autiste, j’ai pensé qu’il fallait mieux sortir cet épisode tout de suite, tant que le sujet est encore chaud, et en cours…
L’aventure d’un aspiboy, l’aventure d’un autiste qui ne comprend pas et ne connais pas ses limites…

Un peu de contexte, j’ai toujours aimé donné des exposé, et partager mes connaissances. Et à l’adolescence, malgré mon gros bégaiement, je tentais de réaliser des reportage que je voulais partager sur microcassette… A paris, lors de mon premier travail à temps complet, je me retrouve dans un grand groupe de presse, en équipe support, avec toute une partie formation pour les logiciel de montage et de photo (oui, Photoshop et Premiere, ça ne date pas d’hier…). Malgré mon bégaiement lors de l’entretien, il décide de me prendre à l’essai, et mes 2 première mission de formation sont des succèsès, malgré le fait que je n’y crois pas du tout à l’époque… Je ne m’imagine pas devenir formateur, et puis, mettre plus de 2 personnes autour de moi, je deviens aphone.
Je pars au canada, puis reviens en France, je travaille dans le développement informatique, mais je ne me sens pas du tout à l’aise, j’aimais et je regrette mon travail en support technique, où je faisais de la veille et de la formation, et j’essaye d’en faire tant bien que mal dans mes postes…
Puis viens la fin de mon dernier CDI, en 2016, j’y reviendrais, mais là je me dis, je dois trouver une solution pour donner des cours, comment, de quoi je ne sais pas trop, je donne 2 cours de photos cette année là, et l’année d’après, quand je suis contacté par un organisme de formation, je saute sur l’occasion, les 2 premières formation avec cet organisme, formation Linux puis Photoshop sont des succès, mais la deuxième formation est un échec complet, je ne comprend pas ce qui s’est mal passé…
Je reprend les formation en 2018, j’en effectué une vingtaine en un an, et à part une partie des formation où je perd de l’argent, les seules reproche que j’ai c’est souvent des soucis matériel (eh oi, en perdant de l’argent, je bosse avec du matos de récupération, qui a tendance à faire faux bond en plein milieu du cours… 2019, je dois arrêter assez rapidement, car je ne peux plus continuer à perdre de l’argent en travaillant, mais en donnant des cours pour 2-3 personnes, j’y arrive.
Puis vient 2020, je dois reprendre, et puis boom, une épidémie, je ne reprend qu’en septembre, en donnant des formations en ligne puis 2 en pressentie, dont une à 8 personnes, et celle ci, je reconnais que je joue avec mes limites, il y a les repas du midi pour « rencontrer » les personnes pour de vrai, faire tomber le masque au sens propre comme au figurer, et diminuer mon stress et mieux comprendre les autres. Car oui, comme tous le monde, je dois porter le masque, et le masque pour quelqu’un qui ne sait pas regarder dans les yeux, j’ai devant mois 6 bouts de papier/tissus bleu blanc, et 2 qui veulent être plus originaux, en tissu blanc ou noir… Je ne vois devant moi que ces bouts de tissus, les yeux je suis incapables de les regarder, j’ai déjà du mal à décoder les émotions, mais là, si il n’y avait pas les pauses café et les repas du midi pour avoir leurs retour, j’ai l’impression de former des masques… J’ai des retours corrects mais loin d’être parfait, je mets ça sur un manque de préparation…
Deuxième confinement, repris des cours en janvier… En janvier, formation photo à la défense, la photo c’est ce qui me fait vibrer le plus, je passe mes vacances de Noel à préparer la formation. Et là, même soucis que pour celle de Toulouse, même si il n’y a que 4 personnes, mais dans un environnement hostile, la défense, avec un couvre feu qui me stresse pour arriver le soir pas trop tard, et peu de temps pour décompresser le soir avant d’arriver à l’hôtel, des soucis de matériel et de distanciation sociale qui rajoute une grosse part de difficulté, mais j’y arrive à peu près. C’était LA formation que je voulais faire depuis longtemps, et bis, plein d’imprévus que je ne peux gérer, je panique et la formation devient moyenne…
2 mois après, je me retrouve en mars pour une autre formation, en Linux cette fois ci, une formation que j’ai donnés une bonne dizaine de fois, que je peux quasiment réciter par coeur, mais que je donne cette fois ci pour des militaires, à Rennes, et avec un groupe de 12 personnes…
12 personnes, ça faisait 2 semaines que je n’en dormais pas, que je n’arrivais plus à réfléchir et travailler sur les autres projets, j’avais l’impression que tous mon énergie partait dans un trou noir, incapable de faire quoi que ce soit…
J’ai la chance de pouvoir faire 2 jours de pause en allant voir un ami, puis j’arrive à Rennes, une amie m’accueille là bas et m’accompagne à l’hotel, tout devait bien se passer, je pensais arriver à de stresser.
La première nuit sur place, alarme incendie à minuit à l’hotel et une fois que je suis réveillé, j’ai beaucoup de mal à me rendormir… J’arrive le lendemain et je suis pourtant super bien accueilli, ce n’étais pas ce à quoi je m’attendais. Mais dés la première après midi, on me dit que je suis trop mou, qu’on ne m’entend pas… Comme les formations précédentes, j’ai devant moi des masques, et de plus on ne passe pas nos pauses café ni nos repas ensemble, je pense que tout va bien… Mais je ne dors pas la première nuit, encore de ces insomnies qui me rongent… Et le lendemain après midi, alors que je déroule ma formation comme habituellement, le général qui est responsable de la formation m’interromp en plein cours pour me dire que tous le monde est perdu, que je dois me ressaisir, que ça ne va pas… Je panique, je ne sais plus quoi faire et je perds pied… J’arrive à « cacher » que je suis en plein meltdown, mais pas à le cacher longtemps. J’ai beau reprendre ma formation le soir, je me rend compte que je suis dans un tel état de panique que je ne donne plus mes anecdotes classiques, j’ai même beaucoup de mal à m’exprimer… Viens le troisième soir, où pour une fois que je m’endors tôt, à 22h, on est réveillé par une alarme incendie et une évacuation à 1h30 du matin, et après un retour à 5h à la chambre, je dois me rendre à l’évidence, j’ai encore fait une nuit de 3h…
Le midi, juste avant le test, certains stagiaires viennent me voir et me parle de nightwish, de vielle à roue, de minix… Il me connaisse après avoir été voir mon site et mon youtube, et je n’ai devant moi toujours que des masques… Puis viennent les évaluations sur moi, et elles ne sont pas bonnes du tout, je me retrouve devant mon plus gros échec depuis le début de mon activité de formateur, échec que je ne comprend pas, que je n’explique pas encore, à part que je n’ai pas dormis depuis longtemps, que j’ai un groupe de 12 personnes…

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