Photographe autiste ?

Bon, ben voilà, je voilais l’écrire depuis 1 an cet article, mais j’attendais, je voulais des réponses, je voulais en être sur…
Alors mettre ça sur un blog pro, enfin où je parle aussi des mes essais artistiques, de mes voyages, est-ce à sa place ? Je ne le sais pas et j’ai décidé de tout centraliser ici, et tant pis si cela me fait perdre des « emplois » ou des clients, j’expliquerais ensuite que je préfère maintenant que les autres le sache plutôt que de me remettre dans une de ces situations qui me mène dans un état de crise profonde comme cela a été le cas plusieurs fois depuis mon retour du canada…

Pourquoi un diagnostique ?

Alors on commence tout de suite par le titre de l’article, je sais depuis février (même si j’avais un gros doute depuis plus d’un an maintenant) que je suis autiste asperger, en plus d’être passionné (passion « compulsive » par le matériel photo atypique, le matériel musical atypique et le vieux matériel informatique…
Commençons par un état des lieux, je me suis senti différent depuis tout petit, je m’intéressais à mes cassettes et mes premières lectures consistaient en des revues et livres techniques sur le matériel audio et plus tard sur la programmation informatique et la photos (enfin, dans l’informatique, ce qui m’intéressait était plutôt la création musicale et le dessin, donc sur les anciennes machines, cela passait par la programmation). Jusqu’au collège, je ne prenais absolument pas en compte comment je m’habillais tant que c’était confortable, ni les codes sociaux (ce qu’il faut dire ou ne pas dire selon la personne présente, si j’avais quelque-chose à dire, ça sortait, ce qui m’a poser un certain nombre de problème). Au collège et au lycée, j’ai tenté tant bien que mal de m’intégrer, avec beaucoup d’échec à la clé car je ne comprenais pas les autres, les jeux de séductions, la compétition… Je pensais à l’époque être le seul dans ce cas là, et pourtant, quand je lis ici et là des commentaires de personnes Asperger, elles ont quasiment vécu des situations très similaires.
L’université s’est pour moi beaucoup mieux passé, j’étais aussi plus proche de mes centres d’intérêts, les options que je prenais en étudiant l’informatique était toutes liés à la musique (enfin, au son plus exactement) et à l’image même si j’avais toujours des problèmes pour le travail en binôme ou en équipe. Dans la deuxième partie de mes études, en Ecosse, j’ai trouvé un travail à mi temps dans une entreprise dans le domaine pétrolier, et là on travaillait en équipe, en openspace, dans une salle très éclairée (artificiellement, il n’y avait au début aucune fenêtre), et je me suis retrouvé dans des situation de stress et de fatigue très importante assez rapidement, je n’arrivais plus à réfléchir, aucun médicament que me donnait les médecins là bas ne m’aidaient… Cela s’est terminé en une partie de mes examens ratés et des soucis de santé important, personne n’arrivait à bien cerner le problème. Les soucis ont duré un an et demi… Retour en France, les médecins français pensaient que le climat écossait ne me convenait pas. Arrivé à Paris, ma santé allait un poil mieux mais ce n’était toujours loin d’être bon, et je me suis rapidement retrouvé dans le même genre de situation qu’en Ecosse, soucis de foi en moins. J’avais la chance d’avoir des « compétences » (je n’aime pas ce mot) que les autres n’avaient pas pour ne pas me faire licencier cette fois ci (et d’avoir accepté un salaire bien en dessous de mes collègues). Quelques crises de panique plus tard et un fort sentiment de culpabilité, je démissionne pour partir au Canada.
Comme vous pouvez le voir dans les archives de ce blog (mars 2011 à juillet 2012), je pars avec mon sac à dos, tout seul… Cela n’apparait pas trop sur mes articles, mais pourtant certains traits de l’autisme sont bien présent avec moi, je me perd souvent, je n’ose jamais demander mon chemin ni demander un taxi, je marche souvent seul avec mon « petit » sac de 100L et 25kg (eh oui, pour ne pas me « perdre » j’avais ma maison sur le dos), tout ce qui m’intéresse est de trouver des ambiances intéressante à prendre en photo, j’organisais mon voyage précisément, et à chaque fois j’écrivais sur mon calepin comment aller à la gare, au différent endroits à voir, tout était prévu et le moindre imprévu était pour moi super stressant (à l’exception des retards des trains et bus, une fois que j’étais dans le bus ou train, je pouvais contacter l’auberge ou la personne suivante que j’allais voir, le wifi était toujours présent dans le bus.
Je passe rapidement sur mon épisode pro au canada, on reprend les mêmes ingrédients, on ajoute une ambiance avec beaucoup de pression et on a à peu près les mêmes résultats : cerveau qui ne fonctionne plus et incompréhension des 2 cotés. Retour en France en 2012, et là en 4 ans je les accumule : 11 emplois salariés, 12 déménagements plus tard, je comprend enfin ce qui m’arrive, je cherche à m’intégrer dans un moule qui n’est pas mien, j’ai besoin d’organiser les choses (les habitudes, cocons des autistes), que les choses soient claires car je ne comprend pas les sous entendu, et quand j’essaye de les comprendre, je les comprend de travers, je ne supporte pas les « stimuli » des opens spaces ni des grandes villes : je sursaute dés que mon téléphone sonne, je ne supporte pas la lumière forte, les fortes odeurs chimiques (ben oui, même pour le labo photo c’est qu’il y a un résultat à la fin), je dors mal et ai des difficultés à me concentrer à coté d’un truc qui envoie des hautes fréquences (Wifi, BT…). Bon, tout ça pour dire que je me suis retrouver avec tout cela dans le livre « la différence invisible » par « Mademoiselle Caroline – Julie Dachez » dans ces conditions, sauf qu’à part pour mes 2 premiers emplois, ensuite je n’ai accumuler que des échecs.
Alors voilà pour ma petite histoire en introduction.

C’est qui l’autisme asperger et comment ça se traduit chez toi ?

Alors déjà il y a autant d’autisme que d’autistes… J’ai de grosses difficultés à comprendre les sous entendu, à m’intégrer dans un groupe inconnus (ou même connus, dés qu’il y a plus de 3 personnes, si je ne suis pas le photographe donc où je suis en retrait, je panique). Je ne vais pas reconnaitre ni comprendre le mensonge intentionnel. Je vais avoir aussi beaucoup de mal à comprendre les choses dans leurs globalités alors que je vais voir tout les petits détails. Je me souviens d’une remarque d’un de mes logeurs qui ne comprenait pas que j’étais capable de réparer un macmini ou un appareil photo très précisément et que j’étais incapable de mettre une échelle dans une voiture… On peut aussi ajouter à cela mon bégaiement ou d’autres tics de langage qui peuvent être liés. Je ferais plusieurs autres articles une fois que j’aurais rencontré d’autres Asperger et que je pourrais donner plus de généralités sur la manière dont tout cela se traduit.

Pourquoi se lancer dans la photographie alors ?

Avec tout ça, vous allez me dire, si je ne comprend pas les consignes, cela ne va pas être possible. Et pourtant, j’ai réussi avec succès plusieurs prestations. Il y a 2 possibilités qui fonctionnent bien : ou j’ai des contraintes techniques très précise et je vais appliquer cela à la lettre, ou alors on me donne juste une direction et je vais faire de mon mieux, ma touche personnelle convient souvent bien! Sur mes série personnelle, j’ai besoin de prendre mon temps et d’y amener ma touche personnelle, vous pouvez voir mes reportages en noir et blanc divers, ou ma série des miniplanètes autoportrait, qui n’attendent qu’un studio à moi pour une suite.

Mais l’autisme ça se soigne, non ?

Arg, surtout pas!! J’avais besoin de me comprendre, de voir que je ne suis pas le seul et surtout d’apprendre à comprendre les neurotypique, mais surtout pas d’y devenir ! La vie de neurotypique est ennuyante, une passion que l’on oublie du jour au lendemain, un besoin de parader, de parler de rien, désolé mais ce n’est pas pour moi…

Et la suite, sur ce blog ?

Je continuerais les articles sur des séries plus personnelles, mais aussi comme celui là sur l’autisme Asperger, que je commence à comprendre un peu mieux, et bien sur je continue mes reportage photo sur les alternatives et mes reportages vidéos sur le matériel ancien bien sur.

Et là, je suis dans quel état ?

Depuis mon retour en France en 2012, je me suis épuisé à chercher une vie normale, que je n’ai jamais voulue… Je suis désolé pour ceux que j’ai promis des nouvelles et où le retard de mail et encore plus de coup de fil (j’ai rarement mon téléphone avec moi maintenant, et j’hésite à m’en débarrasser, j’ai trop stressé avec ça). J’essaye de vivre plus en accord avec moi-même, ce qui pour le moment est très difficile, l’aspect financier est compliqué (pour vivre de la photo et de l’informatique en indépendant, il faut savoir se vendre). J’ai accumulé un trop plein d’échecs sociaux et remonter la pente est complexe.

Et pourquoi cette photo d’illustration de cet article?

Comme je le disais au dessus, j’essaye de remonter la pente, j’ai du reprendre pour quelques mois ma « chambre d’ado », avec des repères connus, mais mon besoin d’indépendance se fait sentir très vite, et je cherche une solution pour avoir mon vrai « studio photographique ». Donc c’est une photo de cette « chambre » d’ado, avec moi accompagné de mes antiquités photographique et informatique, ma collection de cassette et CD et de livre sur la photo. Ceux qui me connaissent depuis longtemps auront peut être reconnus certains vêtements, en effet, j’ai toujours préféré les vêtements confortables, que je peux porter longtemps, tant qu’ils reste en état…

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