Autiste toi ? Asperge quoi ?

Cela va faire un an que le diagnostic officiel est arrivé, un an que je comprend pourquoi je suis différent, pourquoi je suis atypique, que j’ai appris à comprendre ma différence…

Je suis tombé cet après midi sur cet article de blog : l’antre de la chouette , je m’en suis inspiré pour la première partie, mais l’article original reste beaucoup plus complet, tout en donnant mon expérience personnelle, je vais  utiliser cette article à l’avenir pour présenter ma condition, si elle peut aussi permettre à d’autres aspi de se reconnaitre…

Définition :

Le syndrome d’asperger est une condition neurologique encore mal connue, considérée comme la forme la plus légère d’autisme, car les porteurs de ce syndrome sont autonome, peuvent suivre une scolarité ordinaire… Cette condition est considéré comme un handicap, nous verrons ensuite pourquoi, car même si cela ne se voit pas, cela peut être très handicapant.

Les 3 principales caractéristiques de ce syndrome sont :

  1. Une communication compliqué et des difficultés dans les relations sociales : Nous comprenons mal les implicites, et donc les codes sociaux, le second degré (attention, ne confondons pas tout, je comprend le second degrés des personnes que je connais bien et je m’essaye régulièrement maintenant au second degrés, ce qui n’était pas le cas quand j’étais enfant). Nous voyons les expressions imagées, ce qui fait que si nous ne les avons pas apprise, on prendra les expression au sens propre. On a du mal à regarder les gens dans les yeux, certains aspis y arrivent mieux que d’autre, j’y arrive pendant un temps limité si l’autre personne parle, mais quand je parle, je suis incapable de regarder quelqu’un, sinon je ne trouve plus mes mots et je bégaie. Nous manquons aussi d’empathie cognitives, cela signifie que nous avons beaucoup de mal à comprendre ce que ressente les autres, mais attention, cela ne signifie pas comme je l’ai entendu plusieurs fois que nous ne sommes pas sensibles ou que nous n’essayons pas de nous mettre à la place des autres, je suis même considéré comme hypersensible, mais nous ne voyons souvent pas ce qu’il se passe chez les autres. J’ai eu par exemple plusieurs fois le cas de personnes tristes et je leurs parlaient comme si tout était normal, je me rendais compte de rien… Je ne parle pas des codes vestimentaires que je n’ai jamais compris et qui changent tout le temps. Travailler en équipe est particulièrement compliqué et entraine une fatigue extrême pour les aspis, ce qui fait qu’ils sont très souvent incapable de tenir dans le milieu professionnel ordinaire. Ne pas pouvoir se reposer ensuite implique que l’on ne peut plus se concentrer et que l’on tombe malade, je comprend maintenant la principale raison pour laquelle j’ai accumulé 22 échecs professionnel en 10 ans, tout semble se passer correctement les 2-3 premiers mois, je fais un maximum d’effort pour m’intégrer et souvent comprendre les implicites dans les consignes, puis je n’arrive plus à me concentrer, enchaine erreur sur erreur et enfin je tombe malade, c’est la fin pour mon manager qui n’a d’autre choix que de se débarrasser de moi…
  2. Intérêts spécifiques : les autiste asperger vont se focaliser sur un ou quelques passions bien spécifiques. Ces intérêts spécifiques peuvent durer toute la vie ou changer au cours de la vie. Pour ma part, comme vous avez pu le voir sur mon blog, mes intérêts spécifiques sont la photographie et l’histoire de la technique. Ce deuxième intérêt spécifique à fait que j’ai eu besoin de comprendre la programmation informatique pour pouvoir aller plus loin, mais cela n’a jamais été un intérêt spécifique en tant que tel, ce qui fait qu’il m’est très compliqué de terminer un projet dessus, alors qu’un intérêt spécifique va me prendre tout mon temps, énergie et argent. J’arrive maintenant à donner des formations sur mes intérêts spécifiques, même si elles ne sont pas toutes liés, ce qui en fait maintenant une partie de mon travail.
  3. Le QI est au moins dans la moyenne mais à cause des intérêts spécifiques, il est souvent hétérogène, mais les « haut potentiel » ou « précoce » ne sont pas rares. Dans mon cas, j’ai un QI trop hétérogène pour pouvoir me classer dans les « surdoués ».

Le syndrome comporte souvent des problèmes secondaires, qui posent des problèmes aux aspis, et qui sont souvent diagnostiqué en premier, ce qui peut poser des gros soucis de prise en charge.

  1. L’altération sensoriel : les sens sont exacerbé ou inhibés, ce qui fait qu’on est hypersensible à certaines choses, et peu sensibles à d’autres. Par exemple, je supporte très mal les lumières fortes et/ou trop froides, je suis très sensible aux odeurs mais je peux manger de tout.
  2. Difficultés motrices : on a très souvent de grosses difficultés à se représenter dans l’espace et une très mauvaise motricité fine. Dans mon cas, je me perds tout le temps, est particulièrement du mal à conduire, et malgré que j’aimerais réparer plein de petit trucs, je suis très maladroit. Cette difficulté peut être liée à la dyspraxie.
  3. Empathie émotionnelle exacerbée.
  4. Dyslexie, dyscalculie, dysorthographie : souvent très lié avec le syndrome, je n’ai aucun de ses troubles (même si j’ai un doute sur la dysorthographie, par contre je suis particulièrement bon en calcul).
  5. Trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité : il est souvent très difficile de rester concentrer sur ce qui n’est pas un intérêt restreint, et souvent avec un trouble du sommeil lié.
  6. Trouble anxio dépressif : surement lié avec les difficultés sociales, il est présent chez 65 % des aspies. De mon coté, c’est aussi très présent, un gros choc ou un épisode imprévu peut me mettre dans des états complique.

Voici en gros la définition comprenant comment les troubles principaux se manifestent chez moi. Maintenant je vais vous parler de comment cela se manifeste dans ma vie de tous les jours.

Vivre avec le syndrome d’asperger en tant que formateur et photographe.

Comme indiqué plus haut, mes domaines d’intérêts restreint sont lié à la technique et la photographie, je réalise donc maintenant des prestations de photographe et je donne des formations. J’ai fait des études d’informatique car c’était à l’époque ce que tout le monde pensait le plus adapté, or, bien que la partie technique me passionne (donc la partie histoire de l’informatique, les systèmes d’exploitations, l’architecture des ordinateurs ou des applications), la partie développement ne m’intéresse pas, et c’est pourtant la partie la plus recherchée en informatique. Ayant quand même travaillé 10 ans dans l’informatique, j’ai accepté de donné quelques formations en développement informatique, et je fais de temps en temps des projets rémunéré, mais j’ai énormément de mal à me concentrer sur cette partie, tout ce que je fait me demande une énergie folle, former des personnes est particulièrement compliqué dans ses conditions mais j’y arrive comme je le faisais pour mes anciens emplois, j’arrive à faire illusion quelques jours au prix d’une fatigue extrême et des crises nombreuses…

De l’autre coté, je donne aussi des formations photos (prises de vue, développement de photos argentiques et numériques, Photoshop, Gimp…) et des formations sur ce qui m’intéresse en informatique (Linux, Risc OS, les systèmes d’exploitation, la Raspberry Pi…) et là, j’arrive à préparer mes formations sans soucis, le plus compliqué étant comme toujours de trouver la salle, et de comprendre la personne que l’on forme (j’avertis maintenant dés le début que je ne comprend pas l’implicite, donc ils doivent me dire quand je vais trop vite ou que je ne suis pas compréhensible, et jusqu’ici tout s’est bien passé. Apparemment, ma passion pour ses sujets font que les stagiaires semblent content de la formation (j’utilise « semble » car comme expliqué plus haut, on ne ressent pas bien les choses, c’est ce que les stagiaires me disent, une partie des personnes « normales » ne dit pas forcement ce qu’elle pense, je ne saurais jamais la vérité) Le soucis, quand on travaille pour un client qui nous demande d’appeler quelqu’un que l’on ne connait pas, c’est une source de stress extrême, je ne fais que ça de la journée quand j’appelle, et de plus je n’ai la plupart du temps pas les informations que j’ai besoin, car dés que la réponse ne correspond pas à ce que j’attends, je panique et essaye de raccrocher le plus rapidement possible.

mini planète de la chambre : bien que plus très bien rangé, on peut normalement voir mes passion : il y a des antiquité informatique, hifi et photos partout…